Thaïlande

#13 – de Koh Phangan à Poipet (du 03/01 au 29/01/20)

Les articles sont de moins en moins réguliers, je dois l’avouer. Au début, je culpabilisais pour plusieurs raisons : donner des nouvelles détaillées à nos proches, rédiger pour mieux se souvenir, tous les 5, de notre aventure. Mais le voyage, c’est vivre une expérience unique, vivre, oui. Alors, je me suis fait une raison… Rédiger, je peux le faire quand j’ai le temps, plus tard aussi. Alors que vivre cette expérience pleinement, cette chance, nous ne l’aurons qu’une fois.

Alors moins d’articles signifie que nous profitons, nous croquons à pleines dents ce voyage ! Retenons le positif 🙂

Voici la suite de nos aventures, après nos fêtes de fin d’année sur les îles du Sud, nous découvrons le Nord de la Thaïlande puis prenons la route, cap vers l’Est et le Cambodge. Belle lecture !

Retour au récit de nos aventures – après avoir quitté Koh Phangan

Après 1 bonne heure sur le bateau retour de Koh Phangan, nous arrivons à Surat Thani sans trop savoir quand nous allons repartir sur Bangkok. Nous sommes à une petite vingtaine de kilomètres de la gare de Surat Thani. Nous pédalons et arrivons en fin d’après midi à la gare. Le vendeur de la gare nous indique qu’on peut partir dans 5 minutes, en 3ème classe ! Malheureusement, nous n’avons pas cette réactivité avec les vélos. Bon, de toutes façons, la 3ème classe, c’est 12 heures de trajet sur des sièges en bois. Le vendeur nous indique qu’il ne reste que de la 3ème classe sur les 4 prochains jours. Les Thaïlandais ont quelques jours de congés avec le nouvel an. Nous décidons de prendre des billets pour le lendemain, sur un trajet de jour… Le vendeur nous conseille de revenir demain matin à 10 heures, sait-on jamais.

Le lendemain, 10h, nous sommes présents ! Et nous avons été très bien conseillés, puisque que 4 couchettes sont disponibles pour partir le soir même. Top ! Ce sera notre première expérience train de nuit en Thaïlande. Les enfants sont excités comme pas permis, ils avaient adoré prendre le train de nuit en France, pour descendre à Toulouse.

En attendant le train, nous profitons toujours de la succulente street food et un petit garçon vient jouer avec les enfants.

Le train de nuit en Thaïlande, c’est à tester, sans hésitation ! Nous avons adoré. Dans chaque voiture, il y a un responsable qui s’occupe d’installer les couchettes et de faire les lits.

Au bout de chaque voiture, 2 lavabos et 2 toilettes sont disponibles. Une voiture restaurant est également présente, vous pouvez manger sur place ou commander votre repas qui sera livré à votre couchette (environ 6€ le repas, nous en avons pris 2 pour nous 5, c’est copieux). Il y a aussi des vendeurs ambulants dans les grandes gares qui passent dans le train vendre des repas (souvent moins cher). Pour ce voyage, les vélos sont partis dans un autre train après nous, tout s’est bien passé mais nous avons du attendre 3 heures l’arrivée du train le matin, il était en retard.

Toute notre vie sur ce bout de quai !

En attendant nos vélos, nous contemplons toute la vie en gare ; blanchisseuses, porteurs de bagages, coiffeurs…

Notre prochaine étape se trouve tout au Nord de la Thaïlande, à Chiang Mai. Nous savons que nous devons reprendre un train pour atteindre cette ville.

Nous décidons de rester quelques jours sur Bangkok (il faudrait plusieurs semaines pour la visiter). C’est vraiment une ville qui ne laisse pas indifférent ; on aime ou on n’aime pas. Nous concernant, on adore et nous n’avions pas tout visité lors de notre arrivée il y a un mois.

Au lieu de remonter directement en train sur Chiang Mai, nous préférons rouler jusque Ayutthaya, à environ 50 km au nord de Bangkok. C’est l’ancienne capitale du Royaume de Siam et les temples y sont nombreux. Sur la route, des marchés gourmands où nous répondons toujours présents !

Le 8 janvier, c’est l’anniversaire de maman ! Les enfants ont préparé des dessins et Rose m’offre 50 bahts (1,5€) de ses économies, pour que je puisse me payer ma boisson préférée ici, le matcha green tea 🙂

Le soir, nous allons dans un très beau restaurant le long de la rivière. Nous oublierons de spécifier « not too spicy please »… Même au bout de plusieurs semaines, il nous arrive encore d’oublier, à nos risques et périls !

Piments enlevés de mon bouillon… J’ai la bouche en feu !

Le lendemain, nous allons visiter les temples. Nos vélos étant chargés pour prendre le train le soir, nous prenons un tuk tuk, pour le plus grand plaisir des enfants.

Nous ne multiplions pas le nombre de visites des temples, cela divise de façon exponentielle l’intérêt des enfants ! En général, nous en sélectionnons un, voire deux sur une journée. Nous avons choisi le Wat Maha Tat, pour sa célèbre tête de Bouddha, entremêlée dans les racines d’un arbre. Outre mes 38 ans, nous fêtons aussi nos 3000 kilomètres à vélo !

Après cette belle journée de visite, train de nuit jusque Chiang Mai !

Initialement, nous voulions rayonner autour de Chiang Mai à vélo et visiter les différents temples, cascades… Mais la région est vallonnée et les treks proposés par des agences de voyage ne nous font pas trop envie (nous devenons un peu sauvages dans notre façon de voyager ! Les visites groupées ne nous font pas du tout envie).

Comme d’habitude, tout à la dernière minute, pas de train retour Bangkok avant 6 jours. Nous resterons donc 6 jours. C’est aussi une nouvelle façon de voyager. Comme lorsque nous sommes descendus vers le Sud, nous avons pédalé pendant 500 km et avons fait une pause de plusieurs jours. En fait, cela convient bien aux enfants, ils prennent de nouveaux repères. Et nous pouvons aussi faire plus de séances d’école, mieux rythmées.

A Chiang Mai, nous avons rencontré des familles françaises avec qui nous nous sommes très bien entendues. Particulièrement avec la famille @muratventures et leurs 3 filles ; Rose, Salomé et April.

Visite au Elephant PoopoopaperPark  où nous découvrons comment utiliser les bouses d’éléphants en les transformant en papier. Cela reste encore une technique « insolite » et la production de papier minime. Mais cela a le mérite d’exister. La visite est adaptée aux enfants, ils peuvent toucher, mélanger, patouiller. Et c’est sans odeur 🙂

Le soir, nous allons manger au night market, où nous retrouvons 3 familles françaises. 10 enfants, 8 adultes, ça déménage !

Gustave en route avec sa copine Salomé

Nous retrouvons les jours suivants la famille Murat et visitons le musée 3D. nous nous amuserons de montages qui donnent des photos rigolotes !

Les jours suivants sont consacrés à l’école, au repos et la visite du Temple Doi Suthep, connu pour ses 300 marches. On fera même un swap d’enfants, ces derniers nous réclament de dormir chez les copains et vice versa.

Repos au soleil…

16 janvier 2020, c’est le moment qui quitter Chiang Mai. Il reste 15 jours de validité sur nos visas et aimerions pédaler jusqu’au Cambodge depuis Bangkok (500 kilomètres). Avant de quitter Chiang Mai, nous faisons un petit détour par une boulangerie, l’Opéra, tenue par un français. Puis, quelques courses au Big C. C’est une chaîne de magasins du groupe Casino, on y trouve donc quelques produits français. Après avoir bavé devant camembert, emmental, fromage de chèvre et autres, nous prenons un « crémeux », fromage préféré de Jeanne. A 7€ le fromage en moyenne, on reste raisonnable ! Nous savourons notre pique nique baguette/fromage en ayant oublié combien le fromage est salé ! Ici, tout a tendance à être sucré.

Ce n’est pas au lait cru… Mais bon sang, ça fait du bien quand même !

En attendant le train, je contemple les centres de maintenance des trains, dans cette gare terminus. La différence, à des milliers de kilomètres de chez moi, ne cessera de m’étonner !

Dernier train de nuit en Thaïlande, pour rejoindre Bangkok, une troisième fois. Quelle cohérence dans notre itinéraire 🙂 Nous partons dans l’après midi, alors on en profite pour travailler… Partir l’après midi signifie une arrivée très matinale à Bangkok, à 6h du matin, aïe !

Nous arrivons à Bangkok, sous un nuage de pollution, comme nous n’avons encore jamais vu dans cette ville. Au bout de 10 kilomètres, nous achetons des masques car l’air est irrespirable.

Nous roulons la première journée une bonne trentaine de kilomètres pour sortir de l’agglomération. Heureusement, dès le lendemain, nous retrouvons des paysages plus ruraux, au milieu des rizières.

Presque 6 mois que nous sommes partis, nos racines nous jouent souvent des tours ou nous rendent parfois nostalgiques. Nous voyons de plus en plus de sosies de nos proches, sommes sujets à des hallucinations auditives (entendre des mots français là où il n’y en a pas du tout). Devant ce pont et ces nénuphars, je pense à ma douce Normandie. Pourtant, nous en sommes vraiment loin !

Nous avançons, librement, vers le Parc national de Khao Yai, pour le longer au maximum jusqu’au Cambodge. Cela nous permet de rester sur des routes secondaires, loin des villes et de pouvoir camper plus facilement.

Le voyage à vélo résumé en un cliché

Nous arrivons au parc et avons repéré un wildcamp (camping sauvage) à côté de cascades. Nous avançons quand une femme nous fait de grands signes pour nous arrêter. Elle nous dit qu’elle a un bungalow chez elle, qu’elle reçoit du monde et que ce serait mieux pour nous de venir y dormir plutôt que d’aller camper. Que l’on peut aussi piquer la tente dans son jardin. De prime abord, nous sommes sur la réserve. Puis elle insiste en nous disant de venir que ce sera gratuit. il n’est pas tard, cela ne nous coûte rien d’aller voir puis d’aller au camping si cela ne convient pas. avant de partir, elle nous donne 5 glaces pour nous rafraîchir.

Nous arrivons, après avoir rencontré des dizaines de chiens sur le chemin, sur un petit domaine. Elle s’appelle Agnes. Elle est thailandaise, revient d’Angleterre où elle a vécu plus de 20 ans. Elle est revenue pour s’occuper d’Uncle Chang, 74 ans. La maison est à Uncle Chang. Il a eu une belle carrière dans la télévision, a connu la gloire, les femmes, l’argent… Mais se retrouve seul maintenant qu’il est à la retraite et a la santé déclinante. Nous resterons 1 nuit, puis deux, puis trois…

Ecole dans le jardin

Comment résumer une rencontre qui nous bouleverse ? Comment expliquer qu’en 3 jours, nous pouvons nouer des liens forts, sincères… Avec les enfants, Uncle Chang reparle anglais (cela faisait 30 ans qu’il ne le parlait plus), il nous prépare un repas délicieux (il insiste pour le préparer lui seul). Bref, ils sont aux petits soins pour nous.

Les aux-revoirs sont déchirants, émouvants, les larmes s’invitent. Les enfants offrent des petits jouets, Uncle Chang et Agnes nous offrent des petits cadeaux qui ont du sens, qui nous correspondent. Ils ont passé la soirée à chercher dans leur maison, cette petite chose qui nous correspondait respectivement et qui nous permettrait de se souvenir d’eux. Uncle Chang n’a cessé de répéter lors de notre départ « when you come back, we will…. » (> Quand vous reviendrez…), comme si notre retour, nos retrouvailles étaient une certitude. Comme pour se dire au revoir plus facilement.

Toujours sur la route, nous enchaînons les journées vélos, campements, rencontres… Nous avançons presque à reculons tellement nous apprécions ces moments en Thaïlande.

Tu t’arrêtes chercher ton chemin, tu repars avec gâteaux, fruits, riz… Bonne nouvelle année lunaire !

Un midi, nous nous arrêtons au milieu de nul part, dans un restaurant. Les guesthouses se font rares, peu d’hôtel non plus. Un Thailandais, Mongkol, parle anglais et nous conseille un parc avec des petits bungalows, simples, abordables. Chouette conseil, non répertorié sur internet.

Séance Playmobil

Mongkol est une personne prévenante. Ils nous feront la surprise, avec sa femme de venir le lendemain matin voir si la nuit fut bonne. Puis ils nous disent qu’ils veulent nous inviter à dîner ce soir, dans la ville où nous nous rendons à 45 kilomètres de là. Mais pourquoi ? Pourquoi autant de gentillesse, de spontanéité ?

Nous passerons une magnifique soirée avec Mongkol, sa femme Tik et leurs 2 garçons Tram et Sax (ce sont leurs surnoms thaï). Ils ont choisi minutieusement le restaurant, Mongkol a commandé des plats traditionnels, tous aussi bons les uns que les autres. Encore une fois, je suis très émue (m’en faudrait-il peu ?). J’ai du mal à comprendre comment peut-on se montrer aussi généreux, aussi ouverts ? Je suis émue parce que Mongkol nous ouvre les bras comme si nous étions de sa famille, s’inquiète pour nous. Je suis également émue car je réalise que nous allons quitter ce pays qui me bouleverse depuis le début, qui nous marque, tous les cinq.

29 Janvier 2020, nous passons la frontière. Sentiments mélangés de tristesse de quitter la Thaïlande, et d’excitation à l’idée de découvrir un nouveau pays.

Nous passons la frontière à Poipet. Cette frontière est connue pour être corrompue (comme de nombreuses frontières pour entrer au Cambodge au final). Au début, nous souhaitons ne pas déroger à la loi et donc se contenter du prix officiel de 30 dollars par personne. Puis, en voyant que la négociation va nous prendre du temps, nous acceptons, résignés, de payer le prix demandé (plutôt aux alentours de 36 dollars par personne). Multiplié par 5, par 10 au moins (puisque nous étions 10 touristes au même moment dans le bureau), ils s’en mettent quand même plein les poches 😦 Cela n’entâche pas notre bonheur d’entrer dans un nouveau royaume.

Nous voilà partis pour 1 mois d’aventures au Cambodge !

3 réflexions au sujet de “#13 – de Koh Phangan à Poipet (du 03/01 au 29/01/20)”

  1. Merci pour ce récit… On sent une pointe de nostalgie…. Le manque mais aussi tellement d’émotions du fait de belles rencontres… Continuer d’écrire de belles pages tous les 5!
    Bises majolanes

    J'aime

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